INTERVIEWS

Interviews de nos auteurs en confinement


Le confinement touche à sa fin, il aura néanmoins été une véritable épreuve. Il nous a obligés à lever le pied en nous recentrant sur l’essentiel. Il nous a aussi forcés à revoir nos priorités. Contre toute attente, nous avons dû garder nos distances afin de nous préserver les uns les autres. Peu importe le statut social, peu importe le métier, le confinement a été une véritable leçon de vie. Nous nous sommes demandé ce qu’il en était du côté de nos auteurs préférés … Comment ont-ils vécu cette période étrange ? A-t-elle été source d’inspiration ? Quels ont été les rituels mis en place pour vivre au mieux ce moment ? Découvrez le quotidien confiné de Frédéric Ernotte et Alia Cardyn.

Alia Cardyn


On apprend à être heureux avec ce qui est, ce que la vie nous offre, on se réinvente aussi.

Quel est le moment privilégié de votre journée de confinée ? La vie me propose de passer beaucoup de temps avec les enfants en journée et d’écrire seulement le soir entre 17h et 21h quand mon mari prend le relais. C’est un autre équilibre qui m’apporte beaucoup. J’ai l’impression que dans cette nouvelle façon de vivre, chaque moment est privilégié.

Quel livre de votre bibliothèque est selon vous le meilleur symbole de ce confinement que nous vivons tous ? Cette situation m’évoque souvent le roman « Dans la forêt » de Jean Hegland. Un de mes romans préférés qui m’a été recommandé par Monique du Club de Woluwé. Ce roman parle du retour à l’essentiel, de la puissance de la nature. C’est sublime.

Être confinée vous inspire pour écrire ? Un nouveau roman en cours ? J’ai continué à écrire tous les jours avec beaucoup de joie. Avec Claire Do Sêrro, mon éditrice chez Robert Laffont, nous avons discuté du texte et finalisé les derniers détails (titre, couverture, etc.) de mon 4ème roman pour préparer sa sortie en octobre 2020. Tout ce travail est passionnant. Ils sont ultra dynamiques et continuent d’avancer sur leurs projets en télétravail. J’ai l’immense chance que Robert Laffont ait également signé à l’avance mon 5ème roman et je suis heureuse de vous confier que je le termine cette semaine !

Comment contactez-vous vos proches, uniquement via les réseaux sociaux ou vous prenez votre plume pour écrire des lettres ? C’est une excellente question ! Je me rends compte que lorsque je communique avec mes proches, je privilégie l’oral. Peut-être parce que j’écris déjà pendant plusieurs heures chaque jour…

Quelle musique vous console le mieux ? La musique qui me fait danser sur la table de mon salon est « Love you so bad » de Ezra Furman. C’est la bande son de la fabuleuse série Sex Education ! Impossible d’y résister… !

Qui dit confinement dit lectures, quelles sont les vôtres en cours et à venir ? Je suis plongée dans le fascinant « Les piliers de la terre » de Ken Follet dont le prequel sortira en septembre chez Robert Laffont. Je lis en parallèle un livre sur l’école démocratique « Libre pour apprendre » de Peter Gray chez Actes Sud. Avec les enfants à la maison, cette pédagogie me passionne !

Quel plat, recette du chef nous conseilleriez-vous ? Ce soir, on a cueilli de l’ail des ours pendant notre balade (il y en avait plein). On l’a mixé avec du parmesan, des pignons de pin, de l’huile d’olive et un peu de sel. Sur les pâtes, c’est un régal et plein de vitamines !

Un moment sport à partager ? Tous les matins, je fais trente minutes de Pilates et/ou yoga. Je l’ai toujours fait avec des vidéos gratuites sur Youtube et cela me fait un bien fou tant pour mon équilibre d’hypersensible que pour mon ventre après trois accouchements. Pour le yoga, je suis les fabuleux cours « Yoga with Adriene » et pour le Pilates, je fais les master class.

Dans quel magasin vous précipiterez vous après le déconfinement ? Je crois que j’irai faire un giga kiss à Monique du Club de Woluwé et dévaliser encore un peu plus la section jeunesse. Je trouve génial que Club ait, malgré les circonstances (distributeurs fermés, etc.), continué à livrer. Ma fille de 7 ans dévore les livres en confinement et elle avait des étoiles dans les yeux en faisant ses commandes. Le voyage grâce aux livres est essentiel et je crois que cela lui a permis de traverser plus facilement ces longues semaines sans ses copains.

Quel message de vie retiendrez-vous à l’issue de cette épreuve ? L’importance de vivre à son rythme, de prendre le temps, de cueillir de l’ail des ours. On apprend à être heureux avec ce qui est, ce que la vie nous offre, on se réinvente aussi. Personnellement, j’apprends beaucoup sur moi en ce temps différent.


L'ENVOL

Alia Cardyn

Charleston | 18€

Frédéric Ernotte


Je suis d’un naturel optimiste alors j’ai envie d’en retenir que vous me manquez et qu’on se relèvera de ça ensemble !

Quel est le moment privilégié de votre journée de confiné ? Quand il ne pleut pas, je passe les 45 min de midi seul au soleil sur mon balcon et je pense aux collègues avec qui je mange habituellement. Nos conversations me manquent beaucoup, car c’est une source d’inspiration incroyable pour un romancier. C’est aussi un moment pour appeler ma famille et lire quelques pages. Un peu de carburant dans le moteur avant de se remettre au travail…

Quel livre de votre bibliothèque est selon vous le meilleur symbole de ce confinement que nous vivons tous ? La potion magique de George Bouillon de Roald Dahl. Il fait partie des livres qui m’ont fait aimer la lecture il y a bien longtemps. Et pour l’anecdote, ce livre est dédié à tous les médecins…

Etre confiné vous inspire pour écrire ? Un nouveau roman en cours ? Inspiré toujours, mais écrire me demande d’entrer dans une bulle et je crois que l’idée de m’isoler au carré me freine… J’ai plutôt profité de cette période étrange pour ouvrir « La Boîte », une salle de conférence virtuelle dans laquelle j’organise des discussions ouvertes à tous chaque semaine avec des lecteurs, des auteurs et d’autres personnes qui évoluent dans le monde des livres. Un autre moment privilégié qui est devenu un incontournable de mon agenda. Pour les projets, j’ai collaboré à l’écriture d’un scénario de film inédit après la sortie du roman Comme des mouches. Maintenant qu’il est entre les mains de différents producteurs, je vais pouvoir commencer l’écriture d’un nouveau roman. Le manque se fait doucement sentir et j’ai une idée assez précise en tête…

Comment contactez-vous vos proches, uniquement via les réseaux sociaux ou vous prenez votre plume pour écrire des lettres ? Par les réseaux sociaux, principalement. Je privilégie les moyens les plus directs, même s’ils sont moins poétiques.

Quelle musique vous console le mieux ? Je ne peux pas vivre sans musique ! J’ai besoin de diversité en fonction du moment de la journée ou de ce que je suis en train de faire. Pour donner un exemple, je vous conseille « At home » de Crystal Fighters, extrait de ma « CoronaPlaylist », et comme le chanteraient les Monty Python : « Always look on the bright side of life ».

Qui dit confinement dit lectures, quelles sont les vôtres en cours et à venir ? Je suis plongé dans « Ineffaçables » de Clarence Pitz et « Wild Dandy Boy » de Daph K. Travis ! En parallèle, je me documente encore et toujours sur le sujet du thriller que je vais commencer à écrire. Concernant mes lectures futures, j’ai le même merveilleux problème que de nombreux lecteurs… une MONTAGNE à lire ! On verra où l’instinct me guide…

Quel plat, recette du chef nous conseilleriez-vous ? Tarte rhubarbe/pomme/meringue… C’est comme un gros câlin !

Un moment sport à partager ? J’ai commencé à suivre des cours de boxe dans mon appartement. On ne se moque pas ! Mes ennemis invisibles n’en mènent pas large et je n’ai rien cassé pour le moment. C’est un exploit dont je suis particulièrement fier.

Dans quel magasin vous précipiterez vous après le déconfinement ? Chez ma cousine qui est coiffeuse ! J’ai tenté de gérer la tondeuse seul pendant le confinement, mais ce n’est pas pour rien que c’est un métier.

Quel message de vie retiendrez-vous à l’issue de cette épreuve ? Qu’on pourrait difficilement imaginer un confinement (ou une vie) sans écouter de la musique, sans regarder des films/séries, sans lire des livres… Il faudra collectivement s’en souvenir au moment de sortir, car on a pris un coup d’une violence inouïe. Je suis d’un naturel optimiste alors j’ai envie d’en retenir que vous me manquez et qu’on se relèvera de ça ensemble !


COMME DES MOUCHES

Frédéric Ernotte

Lajouanie | 19€